Une jeunesse <<individualiste et désengagée>>, vraiment ?

Individualiste et désengagée, accro aux écrans et fainéante, frivole et irrespectueuse, voici, entre autres, ce que l’on peut entendre sur la jeunesse d’aujourd’hui !

Clichés ou réalités ? Théonet/Unionet a décidé de mener l’enquête sur la jeunesse en collaboration avec … vous, lecteurs , si vous voulez bien répondre aux différents sondages que l’on va vous proposer !

Théonet/Unionet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse <<individualiste et désengagée>>, vraiment ?

L’idée selon laquelle « les jeunes ne s’engagent plus » est très répandue, en particulier chez les générations plus âgées qui associent encore la participation politique au seul fait de voter ou d’adhérer à un parti. Pourtant, les données récentes en Europe et en France montrent une réalité plus nuancée : les jeunes votent moins régulièrement, mais s’engagent autrement, à travers des causes, des associations, des mobilisations en ligne ou dans la rue ou par leurs modes de consommation. Les sondages révèlent ainsi un décalage entre les préjugés et les pratiques réelles, qui invitent à repenser ce que l’on entend par « participation politique ».

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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Vous sentez vous concernés par des sujets politiques, des enjeux sociétaux et environnementaux ?

Une enquête menée par le ministère de la jeunesse montre qu’une majorité de jeunes déclarent s’intéresser aux enjeux politiques, notamment sur le climat, les inégalités et les discriminations, même s’ils se méfient des partis et des responsables.​ Des sondages montrent que les intentions de vote des jeunes aux européennes 2024 étaient inférieures à celles des plus de 50 ans, mais qu’une partie de cette abstention renvoie à un sentiment d’inefficacité du vote, pas à une indifférence pure. 

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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Au cours des 12 derniers mois, vous êtes-vous engagés pour la défense d'une cause ...

Le nombre de votes minimum devrait être de 1
La réforme des retraites est elle aussi une « affaire » de jeunes 

Un eurobaromètre indique qu’une proportion importante de jeunes a pris part à des actions concrètes qui ne se limitent pas qu’au numérique. Même si certains sont critiques et défiants face aux institutions, beaucoup les considèrent toujours comme des leviers possibles, notamment à l’échelle européenne où la majorité souhaite réformer plutôt que sortir du cadre.​ De nombreux dispositifs (conseils municipaux de jeunes, consultations citoyennes, forums en ligne) enregistrent une participation importante de 16‑25 ans, montrant que le débat reste une forme centrale d’engagement pour cette génération.

 

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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Vous sentez-vous plus, autant ou moins engagé(e) que vos parents au même âge, mais sous des formes peut-être différentes (en ligne, dans la rue, dans des causes ciblées) ?

Les recherches soulignent que l’intensité de l’engagement est souvent comparable, mais qu’aujourd’hui des causes spécifiques (climat, égalité de genre, lutte contre le racisme) sont davantage privilégiées plutôt que les grandes causes soulevées par des organisations partisanes traditionnelles (partis, syndicats).​  

 

vers 13h rassemblement des manifestants sur la place kleber a strasbourg photo dna laurent rea 1568978402
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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Parmi les thèmes suivants, lesquels vous motivent le plus pour agir (climat, avenir de l’UE, retraites, logement, éducation, autres) ?

Le nombre de votes minimum devrait être de 1

Les sondages BVA révèlent que les jeunes placent en tête des préoccupations des enjeux de long terme (transition écologique, avenir des protections sociales, démocratie), signe d’une projection forte dans le futur collectif, contrairement aux préjugés laissant entendre que  »les jeunes ne pensent qu’à l’instant présent » !

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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Êtes-vous engagé(e) dans une association, un club, un collectif ou une organisation (sportive, culturelle, sociale, environnementale, etc.) ? »

En France, le baromètre DJEPVA souligne qu’environ 40% des 18‑30 ans déclarent faire du bénévolat ou participer à des actions associatives, un niveau d’engagement notablement élevé, loin du cliché disant que  »les jeunes ne font plus de bénévolat ». En réalité, la progression du bénévolat chez les 15-34 ans se confirme, avec une augmentation à 23 % du taux d’engagement bénévole régulier associatif pour cette classe d’âge contre 16 % en 2010, alors que la diminution est notable pour les plus de 65 ans, dont le taux d’engagement a chuté à 24 % en 2025, contre 38 % en 2010.

 

Au final, les chiffres récents invitent à dépasser l’image de jeunes « apathiques » pour les considérer comme une génération qui redéfinit les frontières de la participation politique plus ciblée et plus méfiante vis à vis des partis, en combinant intermittence du vote, engagement associatif, mobilisations de rue et actions numériques.

Mais alors pourquoi ce ressenti ?

Cet article de la revue SAS sciences et actions sociales  nous incite à ne pas faire la confusion entre individualisation et individualisme : l’individualisme est souvent perçu comme une attitude orientée vers l’intérêt personnel, le narcissisme ou l’affaiblissement des liens de solidarité alors que l’individualisation est un processus qui permet une autonomie individuelle et la capacité de chacun à construire son propre chemin, chez soi (loisirs, activités, rencontres…) comme au lycée (spécialités, enseignement différencié) avec les avantages évidents et les autres conséquences.

Cette individualisation se ressent énormément dans nos villes ou villages par exemple, où deux enfants de la même rue peuvent à présent choisir parmi une multitude d’occupations différentes (activités sportives ou culturelles, loisirs, …) et même parfois d’école. Une conséquence est qu’ils peuvent ainsi ne même pas se connaître,  à la surprise des autres générations pour lesquelles il n’y avait souvent qu’une école possible, un club de sport et qui se retrouvaient pour jouer ensemble ou même s’entraider entre voisins, notamment dans le milieu agricole. Ceci peut bien sûr laisser alors cette impression de peu de collectif et donc d’individualisme ! Mais nous avons vu précédemment à travers les enquêtes que cela ne leur empêche pas d’exprimer de la solidarité ou un engagement pour le collectif par de nouvelles manières plus individualisées, même si certains pourraient regretter que ces nouvelles formes d’engagement ne s’ajoutent aux anciennes plutôt qu’elles ne les remplacent !

Cas d’étude :

Les organisateurs de fêtes de village ou d’autres événements (carnaval ou autres), ont parfois du mal à comprendre pourquoi il est souvent si difficile de motiver les jeunes à participer à ces moments collectifs par rapport aux générations précédentes, laissant aussi cette impression de jeunesse individualiste. Nous venons de voir qu’il ne s’agit pas vraiment d’individualisme mais que c’est plutôt l’individualisation des parcours de chacun qui peut en être une cause mais peut-être pas la seule. Nous avons besoin de vous pour en savoir un peu plus en répondant à ce dernier sondage !

individualism
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Unionet/Théonet enquête sur la jeunesse : 1/ Une jeunesse individualiste, vraiment ?

Cas d'étude : Selon vous, pourquoi il est difficile de motiver les jeunes à participer à des événements collectifs comme la fête de son village, le carnaval du lycée ... ?

Le nombre de votes minimum devrait être de 1

Les résultats des sondages seront notés ci-après d’ici quelques semaines …

Merci pour votre participation !

Lilly-Rose COULON

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